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Comment est-elle née ?
La politique de cohésion économique, sociale et territoriale européenne telle qu’elle existe aujourd’hui a sensiblement évolué depuis ses premiers jalons, au moment de la signature du Traité de Rome, en 1957.
1957 : le Traité de Rome et la création du Fonds social européen
Dès sa création, ce qui s’appelait encore la Communauté économique européenne a souhaité promouvoir un développement harmonieux des activités économiques au sein des territoires européens.
Une solution coordonnée au niveau de l’ensemble des Etats membres, pour répondre aux enjeux de développement des régions européennes, était nécessaire.
Dès 1957, le Fonds social européen (FSE) a donc été créé pour favoriser des politiques de l’emploi et de la formation professionnelle structurées.
1973 : le premier élargissement et la création du Fonds européen de développement régional
Les 6 membres fondateurs (Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Allemagne) ayant été rejoints par l’Irlande, le Danemark et le Royaume-Uni, les déséquilibres de développement au sein de la Communauté européenne se sont accrus.
Pour les réduire, les institutions européennes ont manifesté le besoin d’un véritable instrument budgétaire : elles ont ainsi créé le Fonds européen de développement régional (FEDER) en 1975.
1986 : l’Acte Unique et la restructuration ambitieuse de la politique de cohésion
A l’occasion de la signature de l’Acte unique européen, le périmètre d’action de la « politique de cohésion économique et sociale » s’est amplifié : le Fonds européen d’orientation et de garantie agricole (FEOGA) a rejoint le FSE et le FEDER au sein de la famille des Fonds structurels. L’inclusion de la question du développement rural dans cette politique visait à développer une nouvelle fois, et sur l’ensemble des champs concernés, la solidarité des territoires européens.
1992 : le traité de Maastricht
En instituant une Union européenne, le traité de Maastricht marque une nouvelle étape dans le processus créant « une union sans cesse plus étroite entre les peuples de l'Europe ». Parmi les objectifs cités, on trouve la promotion d’un « développement harmonieux, équilibré et durable des activités économiques, un niveau d'emploi et de protection sociale élevé […], la cohésion économique et sociale et la solidarité entre les États membres. »
La première programmation pluriannuelle découle directement de ce nouveau Traité : entre 1994 et 1999, les Fonds structurels ont représenté un budget de 168 milliards d’Ecus, soit 1/3 du budget total de l’Union européenne.
2000-2006
L’élargissement à 10 nouveaux Etats membres en 2004 a radicalement modifié l’équilibre entre les régions européennes : alors que la population totale augmentait de 20%, le PIB s’accroissait de 5% seulement. Les disparités s’intensifiant, le budget de la politique de cohésion a été renforcé.
En 2000, à la suite de l’adoption de la stratégie de Lisbonne (cf. encadré), la politique de cohésion a également du s’orienter de manière plus appuyée sur des objectifs de croissance, d’emploi et d’innovation.
2007-2013
La politique de cohésion actuelle doit faire face à des disparités toujours plus appuyées : ainsi, en 2007, alors que le PIB par habitant s’établissait à 26% de la moyenne communautaire pour la région la plus pauvre (située en Bulgarie), il était de 334% pour la région de l’Inner London (Royaume-Uni). Le Luxembourg, pays le plus prospère de l’UE, est plus de sept fois plus riche que la Roumanie.
Le rôle de la politique de cohésion est donc toujours plus important ; mais en plus de chercher à harmoniser le développement des Etats membres, elle est également liée à la stratégie visant à faire de l’Union européenne l’économie la plus compétitive au monde.
